C’est un fait, la civilisation et les technologies tendent à faciliter la vie – c’est le but – la rendre plus agréable. Mais force est de noter qu’on râle souvent des facilités qu’on vient justement de mettre en place : depuis Mathusalem, les jeunes ne veulent plus rien faire.
Est-ce une maladie ? Certainement pas, mais ça explique probablement certains mécanismes.
Un exemple sur ce progrès :
Les années 75, on s’inscrit à un stage UCPA (2) : le cheval – meilleur ennemi de l’homme… vous allez voir.
A l’UCPA, on nous lève tôt, pour aider, pailler les chevaux, balayer.. alors qu’on est encore endormi – pas bon, pas cher : on fait la vaisselle. Mais, c’est ainsi qu’on apprend le cheval.
Mon père ne pouvait pas souffrir le bourrin – tu parles, pendant la guerre, par moins 14, il fallait faire chauffer la « pouture » de ces messieurs dames alors qu’on avait même plus, soi-même, de Caporal (1).
Cette année 75, trois jours plus tard, un mec inscrit à l’UCPA donc, fit une crise de nerf.. il croyait s’être inscrit au Club Med pour 3.000 balles.
Trente ans plus tard, j’averti mon fils, qui s’inscrit à l’UCPA Quimper, des charges sur la vie en communauté, s’occuper du cheval .. Et il revient une semaine plus tard en râlant : « Les taches dont tu m’avais prévenu.. il n’y en a plus ». Ainsi, pour ‘un peu plus cher’, il n’y a plus de servitudes.. une fille a même demandé une chaise pour monter ! Les derniers jours, lui et une copine avaient paillé et balayé les boxes.. un palfro (3) est venu les « remercier » comme ci ça avait quelque chose d’exceptionnel !.. Grand Dieu, sous les bombes, le cabo-chef ne serait pas venu remercier personnellement tel trouffion qui aurait entretenu son bourrin au minimum.

On est tellement « trop » surprotégé que parallèlement, se montent des boites qui proposent des « stages de l’extrême », où parfois, il faut se contenter d’un sucre quand on est habitué à en mettre 2 dans sa tasse (4).
Après la tempête Xintia, on déplore la catastrophe bien sur, mais on s’étonne de réflexions telles “On est obligé de se laver à l’eau froide !” qui est un minimum déplacé à côté du fond du problème.
Refuser la facilité ? ce serait nul, mais ne pas être conscient de la difficulté, des conditions défavorables, est-ce une bonne chose ?
Dans nos divers formations, on théorise la difficulté, mais (à part quelques militaires peut-être) on ne la vit plus.
(1) ration de tabac “gris”.
(2) Boite qui propose des stages économiques pour les jeunes gens.
(3) Le palefrenier est un employé qui s’occupe des chevaux, nourriture, changer la paille.
(4) “Assistance psychologique” comprise dans le forfait.
