Cette feuille est de la plume de l’ami @Liang.
李白《静夜思》 « Pensée d’une nuit calme » – Li Bai
床前看月光 Une pale lueur éclaire le devant de mon lit,
疑是地上霜 Je la confond avec le givre par terre ;
举头望山月 Levant mon regard vers la lune au-delà des monts et sommets,
低头思故乡 Tête baissée, ma pensée retourne au pays où je suis né. (0).
La paix se retrouve avec le retour aux poussières, à la terre qui t’a donné vie – comme les feuilles tombant à ses racines.
En attendant, grimpe vers la Lune, émancipé-esclave…
***
“Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite m’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies.” (Psaum 137-5)
啊,耶路撒冷!
要是我忘了你,愿我的双手枯萎,不再弹琴;
要是我忘了你,愿我的舌头僵硬, 不再歌吟!
耶路撒冷, Jérusalem, Ūršalaym, Yerushalaim, Hierousalēm, Hierosolyma, … : Demeure de la complétude.
Et pourtant, elles chantent, larves-émancipées… (3)
Quand les mots, qui nomment les choses du monde, ne font plus que compter – ceci est à moi, cela est à toi – l’Eternel retour -, alors l’esclave, qui as dévoré son maitre, compte ton sacrifice, en chantant.
当世界上的东西至能用数字来清算 – 这是我的,那是你的 – 永恒的回转 -,歌吟你的牺牲吧,吃掉了主人的奴隶。(2)
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Au tour d’LHDDT maintenant ..
Là, nous sommes comme une poule devant un gros trousseau de clef, non ? Alors, chacun choisira les siennes – une ou deux, de quoi ouvrir la, les bonnes portes.
Nous, on n’a été capable d’ouvrir que deux de ces tiroirs : “qui nomment les choses du monde, ne font plus que compter “.
C’est ce drame occidental, les techniques, la consommation – qui résume l’Homme à un dénombreur de ses richesses, de la consommation de sa bagnole, des morts dans telle guerre, des notes du livret scolaire.. compter.. compter, oubliant de compter la métaphysique, compter ses valeurs, compter le vent qui bruisse à travers les feuilles du saule.
Et puis “nommer”.. pourquoi appeler les chats les chats ? Pratiquement, c’est souvent nécessaire – savoir que l’hydrogène et l’azote (le nitrogène) c’est pas la même chose.. mais à l’excès, ce n’est pas sans retour de manivelle. Mourir “d’un arrêt du coeur”, ce n’était pas suffisant ? Maintenant, on n’a plus la tremblotte, on est devenu “parkinsonien” – on ne perd plus la boule, on a attrapé l’Alzheimer.. fini les aveugles devenus “non-voyant”, comme les “ingénieures de surface” qui remplacent avantageusement les boniches – pardon : femmes de ménage. On n’est plus étudiant, mais “apprenant” chez une “professeurE des Ecoles”. Ne plus dire “vulcanologue” mais “volcanologue”.. tsunami pour ras de marée.. etc etc etc etc. Tout ça est sensé améliorer QUOI ? sinon la confusion, l’empilement résultant d’une veine volonté de précision.
Quelle lecture de cette article de @Liang ? Du “réalisme poétique” on pourrait dire – où la chimère, inévitablement, renait sans cesse de ses cendres pour le plus grand bien commun ? Qui sait ?
“Transformations”, des Mutations, disent les Chinois.
On avait déjà Saint-John Perse – les italiens Gabriele D’Annunzio, maintenant, il y a Liang !
Ici, le texte original, joliment présenté.
Translitération pinying :
(0) textuellement avec translate.google – pour les puristes :
Ah, Jérusalem!
Si je t’oublie, que ma main desséchée, ne joue plus;
Si je t’oublie, que ma langue raidie, ne chante plus!
Jérusalem
(1)
Lǐ Bái 《jìngyèsī》
chuáng qián kàn yuèguāng
yí shì dìshang shuāng
jǔtóu wàng shān yuè
dītóu sī gùxiāng
(2)
Dāngshì jiè shàng de dōngxi zhì néng yòng shùzì lái qīngsuàn – zhè shì wǒ de,nàshi nǐ de – yǒnghéng de huízhuǎn -,gēyín nǐ de xīshēng ba,chīdiào le zhǔrén de núlì.
(3)
A,Yēlùsālěng!
Yàoshi wǒ wàngle nǐ,yuàn wǒ de shuāngshǒu kūwěi,bùzài tánqín;
yàoshi wǒ wàngle nǐ,yuàn wǒ de shétou jiāngyìng, bùzài gēyín!
Yēlùsālěng













































Cette feuille était planifiée depuis 15 jours, elle est sans rapport avec d’autres.
Et puis – pendant la treve des confiseurs, un peu de poésie ne nuit pas
“C’est ce drame occidental, les techniques, la consommation…”,
Non, maintenant mondial.
On ne peut pas interdire l’internet et la télé aux asiatiques, au BRIC..
Parmi toutes ses conneries Jack Lang dit (il y a une dizaines d’années) : “.. en espérant que la Chine garde son identité”.
La quadrature du cercle a de beaux jours.