Question de nuances

comme “c’est quelqu’un d’humain” et “c’est un humaniste”.. deux expressions qui n’ont strictement rien à voir, mais lentement confusionnées par nos élites, journalistes, médias..
Les “humanistes”, par exemple, admettaient la différences entre les races, les Jules Ferry applaudissaient à l’esclave, mais dans certaines conditions ! (1)

On ne rappellera pas les confusions du genre “instant ‘T’”, qui devrait s’abréger en ‘instant i’.. ces confusions utilisées même par nos intellectuels “les aides ont été initiées” alors qu’elles ne peuvent être qu’ “initialisées” (2) .. “tout le monde le sait !” sauf les suiveurs ..

Tout comme “coléreux”. Un coléreux, c’est quelqu’un qui se met en boule facilement, avec excès; si les conditions changent, le coléreux perdra probablement ses colères, alors que colérique est un caractère psychologique permanent. C’est un peu le contraire d’apathique :

Ne pas confondre les périodes de « crises » avec le ressenti de colère.
La crise colérique,
c’est l’émotion à son paroxysme
, une explosion visible et bien sur audible. L’état colérique est bien plus subtile : il est présent constamment, se révèle brutalement lorsqu’un événement déclencheur exacerbe l’émotionnel. s’associe des sensations physiques au ventre, une pression du plexus.

Affirmé/ Colérique (agressif)

La personne affirmée exprime ce qu’elle veut, ce qu’elle pense, ressent, tout en respectant
ce que l’autre pense, veut et ressent. A contrario, un profil colérique dit ce qu’il conçoit,
ce qu’il éprouve et ce qu’il exige sans jamais tenir compte des sentiments ou des vœux d’autrui.

Coléreux : qui se met en colère – tandis que “colérique”, c’est plutôt “agressif”. Pas foncièrement négatif, mais il est toujours “prêt”, il peut par exemple, sauter sur l’occasion de défendre une juste cause.

Un colérique est avant tout un hyper actif “toujours prêt à bondir” alors qu’on peut être une moule qui “pique une colère” de temps à autre.

C’est dramatique, ce lent glissement des mots vers une standardisation, un lissage du français.

Paradoxe ?

On regroupe et confond les nuances du français d’un côté tout en remplaçant franchement des mots “insuffisants” par les termes étrangers bien plus porteur de sens..

“Raz-de-marée” par exemple.. un vieux mot qu’on ne sait pas bien ce qu’il recouvre, tandis que “tsunami” est bien plus “français” !
Même chose pour “stress” qui remplace avantageusement une bonne trentaines de nuances du français ..

Dramatique tout ça ? Certainement pas.. les mots par eux même (sauf passéisme), on s’en fout un peu. Ce qui est plus grave, c’est que l’usure des mots, engendre l’usure des idées ou plus précisément, le transport des idées.
Ici, nous est avis que les trois langues (sauf chauvinisme) les plus à même de transporter l’idée sont les allemand, italien et français.. l’améringlishe n’étant qu’un allemand vulgarisé. Le chinois est un cas très particulier. Le chinois est “strictement” une langue “petit nègre”; c’est le contexte à cette langue qui apporte une finesse comparable aux trois langues citées. Qui qu’en disent les linguistes, le chinois ne saurait être une simple suite de mots.
Mais il faut le reconnaitre : l’anglo-américain est parfait pour les manuels de machines à laver : “Plug screew #2 in hole #3 ..” on ne peut pas être moins métaphysique.

(1) “Humaniste” au sens des 17, 18 ème siècle, c’est une personne qui s’intéresse à toutes les choses de la nature, de l’astronomie à la chimie en passant par les physiques, sciences humaines (de l’époque).. énumérer, classifier les choses et les vivants. Il prend des distances avec les religions obscurantistes.

(2) .. d’initiation. On ne peut “initier” qu’un être vivant, un humain – à la rigueur un chien.

5 réponses à Question de nuances

  1. Liang dit :

    “Plug screew #2 in hole #3″ – Plug and play

    Exciting, isn’t it ?
    Yes !
    Everyone ?
    Yes !
    Just do it.
    Yes we can.

  2. blh dit :

    J’irais plus loin encore dans cette énumération des langues; l’étude du latin-grec est d’une immense richesse quant à la formation des mots, et donc des idées qui les utilisent. La prospérité du Français, par exemple, vient du Latin, qui a su “mixer” les différents apports des autres cultures de nos antiques barbares, goths, visigoths, francs, etc…
    Aujourd’hui, on en arrive à imposer de dire bonjour madame à une gamine de 10 ans…
    “Quand j’entends le mot culture…”

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