Ou : “5 leçons sur l’émancipation intellectuelle”
Joseph Jacotot écrivait vers 1818 « Mes élèves n’ont pas eut besoin de mes éclairages pour arriver à comprendre tel texte » ou quelques chose du genre.
Jacques Rancière en parle : Ses étudiants hollandais veulent apprendre le français, mais lui ne connaît pas le hollandais. Il ne dispose que d’une version bilingue du Télémaque de Fénelon et se résout à leur demander d’apprendre le français en s’aidant de la traduction. Au bout d’un certain temps, il leur demande de raconter en français ce qu’ils pensent de ce qu’ils ont lu. Il s’attend à une catastrophe. Or, il est très surpris par la qualité de leurs travaux et tire de l’expérience deux leçons essentielles. La première est celle de la dissociation entre la volonté du maître et l’exercice de l’intelligence de l’élève. Si ces étudiants hollandais ont compris le fonctionnement des phrases françaises uniquement en lisant des phrases françaises, cela signifie qu’ils n’ont pas eu besoin des explications du maître pour comprendre quelque chose. L’égalité des intelligences veut d’abord dire ceci : il y a une autonomie absolument irréductible du travail d’une intelligence que l’on peut mettre en évidence par cette expérience de hasard qui a séparé complètement l’exercice du maître de l’exercice de l’élève.”
En somme, l’ouvrier n’est pas plus con qu’un con bac +7. On note aussi que ce type est contemporain de la Révolution française et de ses Lumières qui ne cessent de nous enluminer.
Jacotot découvrait ainsi que la grand affaire du maître est de transmettre ses connaissances à ses élèves pour le s’élever par degrés vers sa propre science” L’acte essentiel du maître est d’ expliquer Le maître évite que l’élève ne s’égare, le maintient dans les rails des normes de l’enseignement et de sa méthode. selon une progression ordonnée, du plus simple au plus compliqué.
Nous aussi, jusque il y a peu, étions convaincu de cet évident jourdanisme.. Avec quelques travers, questions quand même : Quand “Le Tour du Monde en 80 Jours”, Vernes nous inquiète : c’est en s’opposant aux idées les plus reçues qu’on fait les plus magistrales découvertes.. Pire encore : on se souvient dans ce film de Frank Coraci, où Fogg, pourtant virulent “progressiste” voit son bec cloué par bien plus avancé que lui. Monique (Cécile de France) a peinturluré. Une de ses oeuvres représente un homme volant. Le scientifique avancé Phileas Fogg, rationnel pascalien pragmatique, lui dit que c’est absurde.. ou plutôt, que c’est impossible. Monique lui répond que “bien sur que les hommes peuvent voler..”, “Où ça” et elle, montrant son oeuvre du doigt “Là”.
Fogg, lui si avancé, se pose comme retardataire par rapport à cette fille innocente et probablement de fort mince culture, qui délire mais seulement jusqu’au jour où son délire va prendre corps. Comme quoi “impossible” est un mot qui gagnerait a être retiré du dico scientifique.
Cette démonstration n’a rien d’un jeu syllogistique : la vérité ne peut se trouver que dans le délire. Peut-être un poète inca rêvait d’hommes s’éclairant la nuit avec des “bâtons de lumière” qu’on nommerait Piles Wonder à notre époque.
Alors, Jacotot avait-il perdu les 30 premières années de sa vie d’enseignant ? Certainement pas, mais la question était devant ses yeux.
Un exemple de l’imbécilité dans la formation – on use les fonds de culottes a apprendre les déclinaisons russes ou allemandes, alors que la dame qui balaye devant sa porte à Saint-Petersbourg n’a jamais entendu parler de “déclinaisons”.. faut-il complexiser systématiquement pour enseigner avec efficacité ? Après 5 ans d’apprentissage du chinois en France, l’étudiant est incapable de se faire comprendre à Xi’an.. Après 3, 4 ans de vie à Xi’an, le même possèdera un chinois correcte. Reproduire ce qu’on nous a appliqué n’est pas du tout preuve que c’est le chemin le plus efficace. En cette matière, nul doute qu’on est aveuglé par les évidences trop évidentes. Force est de constater qu’on est bien peu innovateurs, expérimentateurs en la matière. Ce n’est pas mieux dans la recherche scientifique, qui part toujours de postulats, laisse fort peu de place à l’imagination “pure”.
“Expliquer”
L’élève bouquine son livre, ceci fait, le prof se jette dans des explications, mais à quoi sert le livre alors? C’est simpliste bien sur, mais d’évidence, la qualité du livre serait en question.
Maos tout ça n’est vrai que dans la mesure où l’élève possèdes les facultés – au sens large requises. Un exemple : employé d’une société, on peut se pencher dans un manuel pour apprendre à faire fonctionner telle machine outils, mais il y a un plus évident à suivre un formation sinon magistrale ou du moins une réelle formation”. Allons plus loin : Adobe Photoshop est un excellent logiciel de dessin, hors une réelle formation, il est illusoire de penser à une prise en main du logiciel à partir de son manuel.. il faudrait des mois. La formation formelle fait passer par TOUTES les arcanes, même celles qui semblent futiles, alors qu’on ira directement aux fonctions qu’on croit les plus efficaces pour réaliser rapidement mais,n’ayant pas parcouru TOUTES les arcanes et subtilités, on perdra un temps considérable. L’économie est ailleurs.
Ainsi, si laisser les mains libres, est une bonne chose, le cadre de l’enseignement semble nécessaire et profitable s’il est intelligent… une question de dosage mais surtout une nécessité d’adaptation méthodologique, en 2011, on enseigne la musique, l’anglais et les sciences naturelles sur un canevas unique.. même le cours d’éducation physique, souvent est sur-théorisée !
Tout se passe comme si la parole du maître avait préséance sur l’écrit dit J.Rancière.
Les paroles que que l’enfant apprend le mieux [..] ce sont celles qu’il apprend sans maître explicateur, avant tout maître
la langue maternelle. On leur parle et on parle autour d’eux. revoir ces inutiles “déclinaisons” héritées de l’esprit naturaliste – la classification des plantes ou les insectes.. nécessaire à ces techniques, mais toxiques en d’autres matières. Pas mieux pour la “métrique” de la poésie dodécasyllabique ! Les lois de Fechner induisent que l’oreille humaine est la même partout, sans doute, n’empêche que nombre de genres musicaux fonctionnent très bien sur d’autres systèmes, tout comme le décimal n’est pas une fatale base de numération – on peut très bien compter sur huit doigts. On fait seulement la retenue passé son huitième doigt ! Notre système n’est pas forcement “le” système.
Sitôt entré dans le “système” éducatif, le bambin ne serait plus capable d’apprendre seul, par induction, imitant, se trompant, recommençant ? Tout à coup, un explicateur lui serait nécessaire.
Que conclut Joseph Jacotot Il faut renverser la logique du système explicateur.
L’explication est le mythe de la pédagogie
Il est vrai que chercher une solution seul, buter de droite de gauche est bien plus formateur et les mécanismes de la réflexions s’aiguisent d’autant mieux.
Sans compétence particulière, changer un moteur de voiture – de A à Z est d’une excellente formation, force la découverte de nombre de matières et ouvre l’esprit sur des champs insoupçonné ! Regarder le garagiste faire, “ce n’est pas la même chose”.
Pire, dans l’enseignant et l’enseigné, c’est qu’un rapport suspect d’autorité se met en place.. Rapport qui moule certainement au schéma de notre place dans la société. Ce “formatage” bien utile à nos politiques. En somme, on conclurait presque qu’il existe une intelligence inférieure, par tâtonnement et une intelligence “supérieure” et méthodique.
En quelque sorte “enseigner” serait un processus d’abrutissement ! L’élève serait un âneàqui il faudraot expliquer.. de plus en plus
le Hasard et la volonté
.. la capacité de dire ce qu’on pense dans les mots des autres Voilà le processus clefs, de l’enseignement mais aussi la compréhension par l’élève.
Comment les élèves avaient-ils procédés avec Télémaque ? Eh bien, ils ont procédé commefont les bébé ou les petits enfants pour comprendre et imiter leurs parents, ils ont procédé par induction. Ils ont supprimé cette distance imaginaire qui est le principe de l’abrutissement pédagogique. En somme, la clef, c’est seulement la “volonté” d’arriver au but. Nulle autre intelligence n’est nécessaire.
Apprendre et comprendre sont deux manières d’exprimer le même acte de traduction. Il n’y a rien en deça des texes [pas de "double fond"] sinon la volonté de s’exprimer [soi même - ndr], c’est à dire de traduire.
S’ils avaient apprit ça de Fénélon, c’est parceque l’acte de Fénélon écrivain était lui même un acte de ‘traducteur’ “ de ce qu’il avait emprunté à Homère..
Tout ça procédant comme la démarche de la langue maternelle, ça procède le la “devinette” en quelque sorte. Devinette qui est la seule solution pour s’approprier les concepts et les mots. Quelque soit la manière, l’étudiant “veut” arriver à son but : comprendre.
Ce qui remet en question les traditionnelles méthodes d’enseignement.
Le maitre émancipateur
Jacotot n’avait rien apprit aux élèves, mais leur avait “commandé” de le faire, c’est seulement sous cet angle, d’importance, qu’il était leur maitre.
entre lemaitre et l’élève s’était établit un pur rapport de volonté à volonté
L’ “abrutissement” est la coïncidence de ces deux volontés.. Constatation en rupture avec toutes les vérités pédagogiques. La science et l’ignorance ne sont pas liées.
J.R appelle “émancipation” le fait de n’avoir pas eut besoin de Jacotot. Il s’étonne de la rapidité d’acquisition par la “méthode Jacotot” en regard des méthodes traditionnelles.
Bref Jacotot eut été un parfait maitre pour enseigner la peinture ou le piano auxquels il n’entendait rien !
On a vu à ce titre, une véritable “application” de cette méthode qui semble bien discutable.
La CGI, compagnie informatique rachetée par IBM, embauchait des jeunes diplômés boutonneux.. On donnait à chacun un crayon et un bloc de papier, puis on les enfermait dans “le bocal”. Trois jours plus tard, quand tout petit monde avait déjà passablement usé la machine à café, un des gars allait voir le responsable “Mais que fait-on ici. Quand allez vous nous dire ce ue nous devons faire ?”.
Sur les 10 gars, un mois plus tard, 2 jeunes n’avaient pas tenu le coup.. étaient parti.
Deux ou trois mois plus tard – alors que le bocal et ses 8 “restants” étaient devenu bien silencieux, la porte s’ouvre et les mecs vont voir le directeur – entrent sans frapper et un des jeunes “devenu le chef de projet” annonce : Monsieur, nous développons une application qui est a l’état de maquette, mais avons déjà une douzaine d’acheteurs grands-comptes potentiels, SNCF, MOBIL .. c’est Eric qui s’occupe du marketing.. mais il nous faudrait nous renforcer d’une trentaine de compétences, ingénieurs, secrétaire, commerciaux .. voilà comment nait le Monitel ou la Carte Bleue..
Voilà – personne n’avait été oublié dans le bocal mais on faisait confiance à leur “fatal” esprit d’initiative, à leur simple “intelligence”.. Sans l’ombre d’un ordre ou d’un simple conseil !
Les deux “mauvais” étaient parti depuis longtemps, ils s’étaient écrémés tous seuls.
[en cours]











































Je donne un exemple en maths:
Depuis des décénies, on aborde la résolution de l’équation du second degré ax² + bx + c = 0 en factorisant d’abord a, ce qui donne a( x² + bx/a + c/a) = 0, puis à l’aide de transformations telle que le discriminant, on arrive au résultat cherché.
Essayer de dire aux élèves que l’on s’attend à une équation du genre a(x – x’)(x – x”),a, constante et laisser les tous seuls.
on est bien d’accord – c’est ce que je commentais dans
lhddt dit :
février 17, 2011 à 1:00
pendant que tu écrivais ça !
Je pense qu’ils ont raison dans l’ensemble, c.à.d pour ce qui est de vastes problèmes : les langues, la sociologie, mais – comme tous les Untel-est-Ktuels, ignorent les techniques – dont physique et maths.
décennies, évidemment.
La prochaine fois , je lirai moins vite.
patate faute.. la plupart du temps, je mets en ligne alors que c’est mm pas corrigé..
La dernière ligne de ce post est encore marquée [ en cours] !!