Colette – chrétienne dans un pays musulman & le Baas

Les chrétiens sont souvent maltraités dans les pays musulmans.. Est-ce une fatalité ? Certainement pas.

De nombreux massacres ont eut lieu.. Algérie, même Turquie, la liste est longue. Pourtant, la Syrie, qui défraie rarement les chroniques – sauf quand elle sert d’intermédiaire entre l’Occident et à l’Iran ou au Hezbollah. C’est une exception qui devrait servir de règle..

La Syrie est un foyer du Christianisme et c’est amusant de voir qu’à Damas, il y a presque plus d’églises que de mosquées, toutes confessions confondues.. preuve de l’éternelle largesse d’esprit et de ses coutumes acquises en plus de 2000 ans.
La Jordanie aussi est un pays assez tolérant, pour des raisons un peu analogues.

On se dit oui.. c’est « historique ».. Vague coutume. On se trompe pourtant, les chrétiens là bas, font partie intégrante du paysage.. même politique ! Pour preuve – Mme Colette, justement, chrétienne protestante, qui vole plus haut que la sphère ministérielle et diplomatique puisqu’ elle est conseillère personnelle du président Bashar al Assad !

Colette Khoury (al Khoury, petite fille de Farès al Khoury, une figure de Syrie) a prit ses galons après la disparition de Lawrence d’Arabie et avant la création d’ « Israël » (à la chaussette, comme chacun sait) point de départ de la Grande Catastrophe..

Damas / Le bureau permanent de l’union générale des écrivains arabes a décerné à l’écrivaine syrienne Colette Khoury le prix d’al-Qods 2008.

Madame Khury a défrayé la chronique en parlant d’amour dans une nouvelle .. progressisme s’il en est.

Le Baas ?

La conseillère du président d’un pays arabe au premier plan de la diplomatie est .. chrétienne protestante.
Cette honorable dame, est un creuset spirituel et diplomatique entre Lawrence d’Arabie, le petit roi Fayçal, vers les Jordanie (complice des US), le Liban et la Syrie gardienne des vraies valeurs œcuméniques arabes.

Les arabes sont incapables de s’unir, ils resteront des tribus à jamais disait Lawrence.. il savait de quoi il parlais l’anglais et on ne peut pas trop lui donner tort. Ce n’est pourtant pas la volonté qui a manqué.. le Baas en est la preuve.

Ce que disait le « prophète arabe » fondateur du Baas : Michel Aflak le 5 avril 1943 et, après l’évident échec de ses idées et de ses tentatives d’unions des volontés arabes, sonne bien curieusement en 2010:

Nous nous trouvons actuellement devant une cassure, voire une contradiction, entre notre passé glorieux et un présent honteux. Jadis, la personnalité arabe était un tout unifié, sans dissonance aucune entre l’âme et la pensée, l’acte et la parole, la morale individuelle et l’éthique collective. La vie arabe était au faîte de la plénitude, et la pensée, l’action, tous les instincts puissants s’y conjuguaient harmonieusement. Aujourd’hui, nous ne connaissons qu’une personnalité divisée et morcelée, qu’une vie pauvre et partielle..

Il continuait en vantant le Prophète et l’Islam, mais, force est de se demander si l’Islam – une idée fédératrice, ne disloque t’il pas en fait, ces volontés d’union. Que dire des pays de l’Islam que les US ou « Israël » achète pour quelques poignées de dollars ? Pire que désunir, le dollar dresse des arabes les uns contre les autres.. des riches – enrichis contre les pauvres, appauvrit. Y a-t-il meilleur exemple que le roi de Jordanie rémunéré par la CIA ?

Comme les peuples africains qui se condamnent d’avance au colonialisme et à l’assistance faute à leurs leaders, faute à leur absence de réactivité endémique, les riches arabes ne tablent t’ils pas aussi sur l’équation « pas de riches sans pauvres »..

Le fondateur du Baas, fédérateur, nous étonne parfois :

L’honneur d’être arabe
[..] En conséquence, le lien qui unit l’Islam à l’arabisme n’a aucune similitude avec celui qui existe entre d’autres religions et d’autres nationalismes. Un jour, lorsque leur nationalisme sera pleinement épanoui et qu’ils renoueront avec leur caractère original, les Arabes chrétiens sauront que l’Islam représente pour eux une culture nationale dont ils devront s’imprégner afin de la comprendre, de l’aimer et de la protéger en tant qu’aspect le plus précieux de leur arabisme. Et si la réalité est encore loin de ce vœu, il incombe à la nouvelle génération d’Arabes chrétiens d’œuvrer avec courage et abnégation pour le réaliser, sacrifiant à cette fin leur orgueil et leurs intérêts. En vérité, il n’est rien de tel pour eux que l’arabisme et l’honneur d’y appartenir.

Ça va faire bondir nos amis musulmans, mais a-t-il bien raison de mettre la religion au dessus du matérialisme ? N’y a t-il pas de compromis possible, comme celui qu’exerçait Saddam Hussein?

Quoique l’on dise de l’intervention des facteurs politiques et économiques dans la résistance de Qoreich à l’Islam, il demeure que le facteur principal fut religieux, c’est-à-dire intellectuel. Et ceux qui, de nos jours, adoptent cette manière déformée d’envisager la religion, dans une perspective matérialiste, contredisent la réalité historique et la nature humaine d’une part, et dénient aux Arabes de l’autre, leur trait de caractère le plus précieux: l’idéalisme. Car si Qoreich s’est vue contrainte, pour des raisons matérielles, de conclure avec le prophète la trêve d’Al-Hudaïbia, elle s’est obstinée à lui dénier sa révélation et sa religion nouvelle.
car on voit bien que la cupidité humaine n’en fait qu’à sa tète, Islam ou pas.

Tout cela met en évidence les raisons qui nous poussent à accorder une importance primordiale au sentiment national profond et lucide en tant que cause première. Car lui seul peut garantir des réformes sociales, dynamiques, effectives et audacieuses, conformes à l’esprit du peuple et à ses besoins, réalisables parce que souhaitées par lui.

Bref, le visionnaire a tout faux.

La nouvelle génération arabe
Messieurs, nous célébrons aujourd’hui la mémoire du héros de l’arabisme et de l’Islam. Mais qu’est-ce que l’Islam sinon l’enfant de la douleur, la douleur de l’arabisme! Cette douleur est revenue sur notre terre avec une intensité et une profondeur inconnues des Arabes de la Jahiliya. Que ne fait-elle jaillir une révolution épurée et rectifiée, pareille à celle dont l’Islam a levé l’étendard. Seule la nouvelle génération arabe est capable de la mener et d’apprécier sa nécessité car les souffrances du présent l’ont préparée à brandir son drapeau et l’amour de sa terre et de son histoire lui a permis de discerner son essence et son orientation.

Et quand on dit « tout faux », c’est tout faux .. Il disait ça voilà 70 ans, le pauvre.

Il n’est est pas moins vrai que cette idée d’union des arabes a été suivie d’expériences, même si elles ne furent pas toujours heureuses :

Le Baas : le parti du pouvoir
Fondé à Damas dans les années 40 par Michel Aflak, un chrétien orthodoxe, et Salah al Din Bitar, un musulman sunnite, le parti Baas (en arabe : renaissance) se développe dans un Proche-Orient encore dominé par les puissances coloniales, en premier lieu la Grande-Bretagne, mais déjà ébranlé par les luttes nationales. Les mots d’ordre sont alors : retrait des troupes étrangères, indépendance, unité arabe, fin de la « colonisation sioniste » en Palestine.
Le Baas, qui tient son congrès constitutif en 1947 est le premier parti à considérer l’ensemble du monde arabe comme son champ d’action. Il crée des sections « régionales » en Jordanie (1948), au Liban (1949-1950), en Irak (1951) et place l’unité arabe au centre de sa doctrine. De sensibilité laïque – il rejette les divisions confessionnelles – le Baas reconnaît cependant le rôle de l’islam dans la formation de l’arabisme. Peu à peu il multiplie les attaques contre la démocratie libérale et renforce son orientation socialiste.
En Irak, il a d’abord participé à l’action clandestine de l’opposition sous la monarchie puis a été l’auteur de deux coup d’Etat en 1963 et 1968, date à laquelle il s’est installé au pouvoir.
Deux directions panarabes se mettent alors en place : l’une à Damas, l’autre à Bagdad. Le parti connaît par la suite de multiples scissions et purges entre « gauche » et « droite », militaires et civils, pro-syriens et partisans de Michel Aflak. Le parti n’est plus aujourd’hui que le paravent politique du clan au pouvoir.
LeMonde-Diplo.le reste de la feuille reflète bien sur la vision traditionnelle, haineuse de Saddam Hussein.

Même si le Baas, vu par Saddam était pour le moins personnel, il n’en est pas moins vrai que ‘son’ baas irradiait sur le Moyen Orient.. de là la nécessité pour l’hégémonie USraélienne de faire sauter ce bouchon gênant pour le contrôle des Proche et Moyen Orients.
En bousillant le baas et Saddam (1), les US se garantissaient l’impossibilité de réelle union des pays arabes, du regain de l’estime de soi.. entrainant humiliations et ‘terrorisme’ vengeur qui – justement – donnait des raisons à Bush.

Le drapeau du Baas, c’est le même que celui de la Palestine.

Après Saddam, y t’il un pilote dans l’avion arabe ?

Il y a un autre exemple d’œcuménisme chrétien-musulman c’est Sainte Sophie à Istamboul.L’imprévisible mariage d’une coupole mauresque et des images pieuses.. quand on le veut, tout est possible – reste à le vouloir.

7 réponses à “Colette – chrétienne dans un pays musulman & le Baas

  1. En tant qu’Amazigh algerien, victime de cette ideologie arabisante et fasciste, je me felicite de la faillite du parti Baas et de son ideologie raciste envers tout ceux qui ne sont pas arabes ou se revendique non-arabe. Le Baathisme est une invention anglaise par opposition à l’Oumma islamique qui n’arrangerait pas les chretiens qui se retrouveraient sous le statut inferieur de dhimmi. Quant à la Syrie et la Jordanie, une fois leur régime deboulonné, on en reparlera. Ils ne sont maintenu que grace à la terreur.

    Cordialement

  2. Le Baas n’était sans doute pas la panacée, mais le régime était, si je ne me trompe pas, peu ou prou laïque et toutes les composantes de l’Irak pouvaient cohabiter.
    Saddam mort, ce fut le chaos…
    Même chose dans les pays du « printemps arabe ».
    Quant à la Syrie, je comprends que les Chrétiens se placent du côté de Al Assad ! Ils savent que c’est leur mort programmée si les rebelles islamistes l’emportent. C’est une misère que la France arme et soutienne une telle engeance, tout en la combattant au Mali !
    Nos dirigeants sont des traîtres.

    Yidir, vous avez vécu ce que nous nous préparons à vivre dans les années à venir.
    Ce que vous dites m’incite à penser que j’ai une idée fausse de ce que fut le régime de Saddam: une dictature, certes, mais les arabes ont besoin d’une poigne de fer pour ne pas porter la mort partout où ils sont…Voyez ce qu’est devenu l’Irak.

    • « peu ou prou laïque  »

      tu ne te trompes pas.. J’ai un photo prise par un copain à Bagdad, avant que les GIs viennent délivrer .. des filles en robes à fleurs attablée sur la terrasse d’un rade.. Ces jours-ci, elles sont déguisés en nikabbe que c’est exactement ce qui pend aux nez des syriennes..Saddam & Bashar – quand même « moins pire » que les US ..

  3. Le premier ministre de Saddam était un Chrétien, si je ne m’abuse…

  4. Ils laissent les femmes faire de la politique,ils sont foutus…

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